Athénée Royal d'Auderghem

Athénée Royal d'Auderghem

Bienvenue sur le site de l'ARA

25, Avenue du Parc de Woluwé - 1160 Bruxelles - 02/663.17.04
direction@ara-fondamental.be - www.ara-fondamental.be

Une visite à Breendonk

La Plume de l'ARAPosted by Direction 2016-03-22 08:42:36
Les élèves de la classe de 6PS ont décidé de partager avec vous ce qu’ils ont retenu de la visite, leurs impressions, ou encore des « scénarios » imaginaires inspirés par ce qui les a marqués durant la découverte du fort…
Ils l’ont fait sous la forme de textes de différents types (narratif, argumentatif, poétique, …). L’exercice n’était vraiment pas aisé, mais leur motivation a donné des résultats qui valent le coup d’œil !
Voici leurs productions.



Un texte documentaire


Le fort de Breendonk, par Olivia M.

Ce sont les Belges qui ont fabriqué le fort. Il a été construit avant la Deuxième Guerre Mondiale, près d’Anvers, pour protéger le port. C’était au cas où il y aurait une guerre…
Mais durant la Deuxième Guerre Mondiale, ce sont les Allemands qui l’ont utilisé pour garder des prisonniers.
Dans la prison, il y avait environ 600 à 800 personnes qui étaient enfermées. Les détenus étaient des Juifs, des prisonniers politiques et des résistants.
Ils devaient chaque jour travailler. Leur travail était de déplacer de la terre d’un endroit à un autre.
Maintenant, le fort est utilisé comme musée qu’on peut visiter, afin que les personnes apprennent son histoire.



Des textes narratifs


Compte-rendu de la sortie, par Naël R.

Tout d’abord, nous avons marché vers la station Demey, où nous avons pris le métro jusqu’à la gare.
Ensuite nous avons mangé notre collation puis nous avons voyagé en train pendant 30 minutes.
Une fois sortis de la gare, nous sommes montés dans un camion de la Défense et nous avons roulé jusqu’au camp.
Là, nous avons visité la première partie du musée puis la guide est venue. Nous avons reçu plein d’explications et nous nous sommes dirigés vers le fort. Nous avons vu plein de choses comme les chambres, les toilettes, la salle de torture, … Nous avons découvert comment ils mangeaient, comment ils travaillaient, et les heures auxquelles ils dormaient et travaillaient.
Puis, nous avons diné.
Pour finir, nous sommes rentrés en bus jusqu’à la gare Centrale et nous avons pris le métro vers l’école.


L’histoire du « petit moche », par Quentin V.

Je vais vous parler d’un prisonnier qui n’a pas été traité comme les autres, car il était moche et petit…
C’était un homme qui avait le visage défiguré. Les gardes se moquaient de lui et le maltraitaient : il devait porter la plus grande tenue malgré sa petite taille. Quand son pantalon tombait, on le fouettait. Quand il le ramassait, on le fouettait. Quand il retroussait ses manches, on le fouettait.
Il est mort six mois plus tard, quand un garde l’a poussé dans le vide. Heureusement pour lui, il est mal retombé et est décédé sur le coup… Sinon, il aurait plus souffert, car il aurait eu quelque chose de cassé mais on aurait continué à le maltraiter !
PS : pensez aux résistant(e)s, car c’est grâce à eux qu’on vit libre.


Ma journée de prisonnier, par Kimberley V.

Le matin, je me levais… Il fallait que je mette bien le sac de paille sur lequel je dormais. Si j’avais le malheur de mal faire mon lit, nous recevions tous une punition.
Puis, quand j’avais fait ça, le petit-déjeuner, où l’on recevait un petit bout de pain et du mauvais café.
Une fois mangé, nous allions aux toilettes, mais nous avions à peine deux minutes pour faire nos besoins. Nous n’osions pas laisser sortir la grosse commission car nous n’avions pas le temps, alors, on se faisait dessus.
Ensuite, travailler ! C’était de la torture, si on l’effectuait mal, on se faisait fouetter.
Après le travail, nous mangions une fois de plus du jus de chaussettes, un bout de pain et un petit bol de soupe.
Enfin, nous allions au lit à 20h.
Et ainsi de suite… La vie était dure !



Des textes descriptifs


La chambre des prisonniers, par Natilia D.

C’est une chambre où il fait noir, où il y a huit lits. Dans un lit, il y a six places donc il peut y avoir 48 personnes dans une chambre.
Les prisonniers allaient se coucher à 20h et le réveil était à 5h, ou 5h30 en hiver.
Ils dormaient sur une sorte de paille et avec une couverture. En été, il régnait une température supportable, mais en hiver...
Ils avaient six minutes pour faire leurs lits. Un garde criait : « Faites votre lit en six minutes et sans plis ! »
Dans les chambres, il y avait du moisi. Leurs fenêtres étaient teintées de bleu pour qu’ils ne voient pas la lumière du jour ni les nouveaux arrivants. On trouvait aussi deux-trois bols, deux tables et une cruche pour manger et boire, toujours dans leur chambre.
Les détenus faisaient leurs besoins la nuit ou le matin et parfois, les autres les entendaient. Donc, l’odeur était insoutenable. Un soldat choisissait un homme qui prenait le seau et devait aller le vider dehors. Il pouvait lui faire un accroche-pied. Donc, le prisonnier avait toutes les matières fécales sur lui !
Alors, pensez que grâce à eux, nous avons la paix, pensez à tout ce qu’ils ont enduré, parce qu’ils ont souffert pour nous… Paix à leurs âmes. Merci à eux.


Voici la salle des cachots, par Elisabeth S.

En pénétrant par la porte de la salle des cachots, on aperçoit qu’elle est très étroite et obscure.
Les cellules étaient petites et les murs couverts de chaux blanche. Leurs plafonds étaient couverts de fils de fer barbelé.
Les cachots contenaient plutôt des femmes mais parfois des hommes avec chaque cheveu de tête rasé.
Dans ces cellules, les lits, qui étaient juste des planches de bois, étaient remontés dès le réveil. Il fallait rester debout.
Certaines portes avaient des barreaux mais d’autres ne contenaient qu’un petit trou pour pouvoir voir les prisonniers.
Pour les punis, il y avait des chaines pour attacher les mains aux pieds.


Le physique d’un prisonnier, par Shauna M.

Le prisonnier est sale, les cernes creusent entièrement son visage.
Ses joues pendent, ses blessures sont loin d’être effacées.
La saleté prend du terrain…
Les yeux endormis et la bouche écaillée en hiver.
Ses habits sont rongés par les vers, toujours les mêmes habits, moches et salis.
Son uniforme très léger est endommagé, laid et déchiré.
Ses côtes se dévoilent à cause de leur maigreur, les os paraissent sortis de leur lit, les jambes semblent de plus en plus minces, ses pieds trempés sont gelés.
Quel physique horrible, dans un tel enfer…
Qu’il repose en paix.


Le grand chef, par Gauthier D.

Bonjour, aujourd’hui, je vais vous présenter le colonel nazi.
Il est méchant, n’a pas de barbe, ou très peu, et il n’a pas de moustache.
Sur son képi, il y a une tête de mort et sur sa veste, une bandelette avec la croix gammée.
Il a un équipement plus sophistiqué que les soldats et il les commande.
Il est de corpulence normale, il est grand et possède un chien qui est entrainé à mordre.
Il n’a pas de cœur et il torture les gens.
Il tape les personnes de son choix avec un fouet et dit : « 3 minutes, schnell, schnell, 2 minutes, etc. »
Vers 17h, il fait son choix parmi les prisonniers… À 18h, il les fait pendre ou donne l’ordre de leur tirer dessus, attachés aux piquets.
Et voilà, maintenant, je compte sur vous pour comprendre le mal qu’il a fait à ces pauvres personnes…
PS : ignorez les négationnistes !



Des textes argumentatifs


Une « publicité » pour le fort, par Matteo G.

Venez voir le fort de Breendonk pour découvrir la vie des prisonniers et découvrir comment ils ont souffert.
Vous pourrez aussi regarder le musée où il y a plein d’éléments à observer, comme les habits ou « pyjamas » des prisonniers, leurs chaussures, les uniformes des soldats, des objets de valeur, …
Un guide pour les groupes permettra aux professeurs d’apprendre beaucoup d’informations à leurs élèves.
Le fort est impressionnant. Et il est ouvert presque tous les jours.
Il est situé près d’Anvers, pas loin de Malines.
Transport : prendre le train, ensuite vous serez emmenés par un bus de la Défense vers Breendonk.


Plaidoyer pour un résistant, par Brett L.

« Bonjour, je suis l’avocat de monsieur Van de Smith, je viens le défendre.
Je trouve que cela est injuste, cet homme a été emprisonné à tort ! Il a été soupçonné d’avoir commis un éboulement et provoqué l’explosion d’une bombe, puis on l’a mis dans un train vers ici.
Donc, je viens le libérer, car il aurait simplement protégé son pays. Et vu que vous n’avez aucune preuve, vous ne pouvez pas l’accuser.
Vous pensez qu’il est résistant car son père et son fils sont des résistants, mais il est innocent.
Et en plus, maintenant, sa femme, Mme Van de Smith, a été mise aux cachots, je voudrais la libérer avec lui !
Laissez-les partir au lieu de les envoyer vers Auschwitz. »



Des textes injonctifs


Une journée à Breendonk sous forme d’ordres, par Leelou L. et Théo S.

Levez-vous, il est 5 heures ! Faites votre lit au carré et sans un pli ! Schnell !
Débarbouillez-vous en deux minutes !
Mangez ! Vous n’avez que quelques minutes, comme d’habitude !
Allez aux toilettes, vous disposez de deux minutes ! Un pas en arrière ! Descendez votre pantalon ! Abaissez-vous ! Faites vos besoins ! Relevez-vous ! Mettez votre pantalon !
Dehors ! Travaillez ! Plus vite ! Enlevez la terre au-dessus du fort ! Grouillez-vous, bande de fainéants ! Plus vite ! Creusez, encore plus profond ! Ne vous arrêtez pas ! Pas de repos !
Mangez ! Rapidement ! Allez !
Aux toilettes ! Un pas en arrière ! Descendez votre pantalon ! Abaissez-vous ! Faites vos besoins ! Relevez-vous ! Mettez votre pantalon !
Dormez ! Extinction des feux !
Réveille-toi ! À la salle de torture ! Parle ! Parle !
Dors !


Le règlement de Breendonk, par Matteo P.

Il faut se réveiller à 5h30 en hiver et à 5h en été.
Vous faites votre lit en 6 minutes.
Vous mangez votre petit-déjeuner en quelques minutes.
Il est interdit de boire de l’eau en vous rinçant.
Faites vos besoins après votre toilette.
Le travail débute à 6h. Si vous ne travaillez pas, vous recevez des coups de fouet.
Parfois, vers midi, vous mangez un peu de pain et buvez du « café ».
Si vous ne retournez pas travailler jusqu’à 18h, vous êtes fouettés.
Vous mangez ensuite votre repas puis vous faites vos besoins.
Vous dormez sur votre paillasse.
La nuit, si vous devez faire vos besoins, faites-les dans le pot.
Si vous êtes appelé par un garde, allez dans la salle de torture.
Il est interdit d’aider une autre personne, de s’échapper du camp de concentration et de ne pas bien faire son lit.



Des textes poétiques


Détournement des paroles de la chanson de Tryo « Désolé pour hier soir », par Bruno N.

Réveil matin 5 heures
J’me réveille dans la peur
Faire mon lit en 6 minutes
C’est pas tous les jours facile
Réveil matin 5 heures
J’me réveille dans la peur
Salut les gars bien dormi ?
Pas de réponse j’fais mon lit
Purée les gars abusé
J’ai déjà envie d’uriner
Oh ça va, ça va, tu n’vas pas nous gonfler
Qu’est-ce qu’il y a Phil, t’as quelque chose à me dire ?
Ben, hier t’as pas hurlé, ouais t’as fait pire
Prise de conscience 16h, je viens de me rappeler
Mais malheureusement je dois continuer de travailler d’arrachepied
J’ai été torturé jusqu’à en hurler
Eh toi, plus vite ou c’est des coups de fouet
Je suis tellement fatigué
Je veux aller me coucher
Je sens l’épuisement me gagner
Et m’affaiblir
Et en plus, surprise ! Dans ton lit ça bouge
Sur ce coup-là, mec, t’as pas eu de bol
Y a plein de petites bestioles qui se sont hissées dans ton lit
T’as pas d’chance, t’as pas d’chance, t’as pas d’chance, ouais mon frère
Si tu dors pas, tu vas finir par mourir
Désolé pour hier soir de vous avoir réveillés
T’inquiète pas on s’est rendormi
Les gars désolé pour hier
Désolé pour hier soir d’avoir déféqué dans le pot
T’inquiète pas, on a l’habitude, on n’va pas mourir asphyxiés
Désolé pour hier soir !


Proverbes pour remonter le moral des prisonniers, par Eeva M.

« À cœur vaillant rien d’impossible. » En effet, quand on est courageux, rien n’est impossible.
« Après la pluie, le beau temps. » Après les pleurs, le bonheur.
« On reconnait l’arbre à ses fruits. » La valeur des hommes n’est reconnue qu’à leurs actes. Celle des soldats comme celle des prisonniers.
Voici des proverbes de Nelson Mandela :
« Il est très facile de casser et de détruire. Les héros, ce sont ceux qui font la paix et qui bâtissent. »
« Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaines ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »
« Je suis debout bien que blessé. Je suis le maitre de mon destin, le capitaine de mon âme. »
Et le plus important :
« Personne ne nait en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer car l’amour nait plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire. »


Breendonk, par Ilie F.

Près du fort
Il y avait bien sûr un port.
La porte roulante
Mène dans la pente,
Les couloirs froids et noirs
Ne donnent pas d’espoir.
Dans les cachots
Il ne fait pas chaud.
Et la salle de torture
Était si dure…
Au fort,
Il y a eu des morts,
Des fusillades
Et des malades.
Les prisonniers en avaient marre
De vivre dans le noir.


Les prisonniers de Breendonk, par Evan P.

Ces pauvres hommes
Tombaient dans les pommes.
Ils rêvaient de survivre,
Mais ils savaient qu’ils allaient mourir.
Les Allemands les traitaient comme des chiens
Et ils croyaient que c’était bien !
Cette croix gammée
Faisait pleurer les prisonniers.
Leurs lits étaient plein de moisi
Et la chambre sentait le pipi.
Les toilettes,
C’était pas la fête.
Au contraire, les soldats
Eux, n’étaient pas habitués aux rats.
Grâce à ces pauvres humains,
Aujourd’hui, nous ne sommes pas traités comme des chiens.



Des textes dialogués


Dialogue entre un prisonnier et des gardes, par Pauline D.

* Voici un dialogue qui n’aurait probablement jamais pu avoir lieu…
Prisonnier : Aidez-moi, sortez-moi de là, je vous en supplie !
Garde 1 : Je n’y peux rien ! Allez-vous-en avant que les autres gardes ne vous voient.
Prisonnier : Merci.
Garde 2 : Halte-là ! Au cachot ! Maintenant !
Garde 1 : Laissez-le, je m’en occupe.
Garde 2, en marmonnant dans sa barbe : D’accord.
Puis, le premier garde emmena le prisonnier et lui dit : Cours le plus vite possible ! Sans te faire repérer et pars !
Prisonnier : Merci beaucoup.
Garde 1 : Allez, vas-y, et ne t’arrête surtout pas !
Prisonnier : Promis ! Vous me couvrez ?
Garde 1 : Oui !
* Ça n’aurait jamais pu avoir lieu car les soldats sont en groupes… À cause de cela, le garde 1 n’aurait pas pu agir, de peur d’être dénoncé par le garde 2. L’histoire ne se serait pas terminée ainsi : le prisonnier et probablement aussi le garde seraient morts !

Une bande dessinée, par Bernardo R. (dessins de Bruno N.)



Case 1 :
- Notre protection est devenue notre prison.
- Oui, c'est vrai, attention, un garde arrive ici.
Case 2 :
- Allez travailler ! Vous, venez avec moi.
- Oh non, il nous appelle.
- Je crois qu'on va mourir.
Case 3 :
- Toi, tu sors, l'autre, il reste ici.
- Merci !
Case 4 :
- Il sort quand soudain, il entend des cris de son ami...
- HaaaHaaaa !
Case 5 :
- Mon ami est torturé !


Interview imaginaire, par Leïla Q.

- Bonjour Mr Salomon. Vous avez été victime de la guerre 39-45. Vous êtes-vous tout de suite rendu compte de ce qui se passait ?
- Franchement non, j’écoutais mes parents me rassurer, mais quand les nazis ont débarqué dans notre immeuble pour nous chercher ainsi que d’autres personnes, je me suis rendu compte que c’était bizarre…
- Comment vous êtes-vous retrouvé à Breendonk ?
- Mon père était juif et pratiquait le shabbat tous les samedis. Et ma mère était soupçonnée de résistance.
- Avez-vous été torturé là-bas ?
- En fait, déjà, être là-bas est une torture, mais jamais je n’ai été dans la salle de torture.
- Est-ce que vous aviez quelque chose qui a fait que vous avez survécu ?
- Oui, j’avais 17 ans à l’époque. Du coup, on ne m’a pas envoyé avec les enfants.
- Ok, mais avez-vous une phrase que vous vous répétiez ?
- Oui, chaque soir, je me répétais : « Avec du courage, on vient à bout de tout. »
- Avez-vous vu des personnes de votre famille disparaitre ?
- Oui, ma petite sœur Fillie ainsi que ma mère. Mon père, lui, a disparu.
- Et qu’avez-vous ressenti quand vous avez su que la guerre était finie ?
- De la joie, de la peur, de l’inquiétude, de la force et de l’espoir.
- Merci Mr Salomon.


Les écrivains en herbe :





  • Comments(0)//www.ara-fondamental.be/#post246